
Christophe Moreau, attaché de recherche au laboratoire anthropologique et sociologique à Rennes 2 donne son avis.
En boîte à Arzon. 800 jeunes dans la chaleur de la nuit
La plage pour se défouler le Jour, et pour la nuit : les boîtes... Le Malvern, parmi une dizaine d'autres en pays de Vannes, est l'une des discothèques les plus fréquentées Ambiance lors de la soirée " mer ". Cette nuit?là, Ils étaient plus de 800, entre 16 et 25 ans à s'y presser.
2 h du mat' mercredi. Pierrick 24 ans, est en combinaison de plongée. Il attend patiemment pour entrer dans la discothèque Le Malvern à Arzon. " Ce soir, c'est soirée mer. Tous les clients doivent s'habiller sur ce thème ", explique le jeune homme.
A la porte d'entrée c'est le défilé. Arnaud, le physionomiste de l'établissement, vérifie à chaque fois l'état des fêtards. Les clients arrivent en ciré jaune, en maillot de bain. avec des pistolets à eau, de grosses bouées, des lunettes de soleil. etc.
Le mot est apparemment bien passé. " Nous nous servons de tous les médias pour communiquer, explique Patrick PETROLLI, le gérant de la boîte de nuit depuis six mois. Ensuite, les gens suivent: la preuve, ce soir, où une bonne partie a joué le leu ".
Sans répit
Dans la discothèque. c'est le délire. Les jeunes hommes sont torse nu, les jeunes filles en maillot deux pièces. Verre, saut ou pistolet à eau: tout le monde s' arrose à grands jets. Gaël, le Disc Jockey (DJ) fait ce qu'il faut pour maintenir le tempo: " Vous-êtes-fa-tiguée ? " lance-t-il à trois reprises. Réponse Immédiate et en choeur, " On-n'est-pas-fa-ti-gué!".
Le DJ enchaîne avec une musique tonitruante. version dance. Les baffles sont à fond. Les danseurs sautent, les bras levés ou se prennent par la taille pour entamer une ronde. Pas question de souffler jusqu'à 4 h.
Le Malvern a ouvert ses portes en 1993 à l'entrée du port du Çr 0 uesty . Cette discothèque a été construite dans un style médiéval. Le marketing a fait le reste. en inventant l'histoire du chevalier Malvern. La boite de nuit possède même son propre générique, passé aux clients de l'établissement lors des soirées. Il se finit ainsi " A l'aube de l'an 2000, préparez-vous ce soir à rencontrer le chevalier Malvern ".
Pour relancer la clientèle de la presqu'île de Rhuys, le thème des soirées change tous les soirs." Au Malvern, Il faut que tout le monde s'amuse et se défoule " résume le gérant. " Je veux que les gens qui entrent dans cette boite oublient leurs soucie le temps d'une nuit "
" C'était génial, on a fait ce qu'on voulait "
Christophe Moreau, attaché de recherche au laboratoire anthropologique et sociologique de l'université de Rennes 2, prépare actuellement sa thèse sur les pratiques juvéniles dans les RaveParty. C'est un spécialiste des comportements festifs. Il fait part son analyse sur les discothèques.
Ouest France: Pourquoi les gens vont-ils en discothèque?
Christophe Moreau: Se rendre en discothèque, c'est modifier son état normal: on danse, on se lâche, on se défoule. C'est une façon d'évacuer les soucis du quotidien.
Peut on comparer la discothèque au bal d'antan?
C'est un peu la même chose au niveau social. Par exemple le première flirt, le défoulement entre copains. Les données étaient les mêmes: la fête et se mettre la tête à l'envers. La seule différence avec aujourd'hui; le style de danse et de musique.
En 1999, qui sont les personnes qui vont en boite de nuit?
Ce sont en grande majorité des jeunes. ils ont entre 16 et 25 ans. Le fait d'aller en boite démontre que ces jeunes ont besoin de se structurer en groupe. Ils veulent vivre des émotions collectives. En discothèque, ce groupe est à l'abri du regard des parents. Il n'est plus dans le monde des adultes, mais dans son propre monde. Il se socialise, se forge son identité, ses codes.
Les patrons de discothèques appliquent-t-ils des recettes poour répondre à ces allantes?
C'est évident ils sont là pour faire des affaires. Prenons l'exemple d'une soirée mer dans la boite d'Arzon, où des saut d'eau sont balancé au nez des clients. Personne ne va faire cela dans la rue où au travail. Là, on permet aux jeunes clients de braver un interdit Il vont à l'encontre des règles Institutionnel. Ils sortent de la soirée en se disant " C'était génial, on a fait ce que l'on voulait ".